Genèse du film

Synopsis : Des balbutiements du scénario au montage, en passant par le tournage, Bonjour Studio ! suit le rêve éveillé de Joseph Morder : réaliser son premier long métrage en studio et s’offrir le luxe du faux comme peinture du réel. Ce faux réel c’est Paris, dont les aplats de couleurs sont tendus sur des toiles peintes. Et tandis que Joseph déambule dans son rêve, un jeune filmeur avide de cinéma le suit et découvre avec lui une autre chimère : la création cinématographique. Bonjour Studio !, tel un jeu de poupées russes, embarque le spectateur dans une odyssée parsemée de défis techniques et artistiques, narrés par le réalisateur du film mais capturés par les yeux d’un jeune cinéaste enivré du spectacle qu’il contemple.

 

Le réalisateur de Bonjour Studio ! vient ici saisir par l’image tout ce qui créé l’illusion et la magie du film de Joseph Morder. Un documentaire qui a pris forme alors que La Duchesse de Varsovie n’était encore qu’une série de mots couchés sur un cahier. Joseph Morder cherchait alors qui pourrait incarner un personnage muet à la présence furtive de son long-métrage : le beau jeune homme de dos. Il croise alors la route de Florian Benac, de dos, et choisit de l’intégrer à son film. De cette histoire étonnante découlera une amitié artistique entre les deux hommes. Joseph invite Florian à réaliser le making-of de son film. A force d’images et d’immersion, le dialogue se tisse inconsciemment entre le film La Duchesse de Varsovie et le film du film, Bonjour Studio !.

Bonjour Studio ! naît ainsi et trouve son souffle dans sa double-narration. Il est à la fois dialogue du réalisateur sur son œuvre, et regard enchanté posé sur la création cinématographique par le jeune cinéaste, muet et caché derrière son appareil photo, mais les yeux grands ouverts. Véritable making-of mais aussi et surtout véritable documentaire indépendant du film La Duchesse de Varsovie, Bonjour Studio ! se fait le témoin de toutes les étapes nécessaires à l’élaboration d’un long-métrage de studio et met à l’honneur les équipes de l’ombre qui mettent en forme et en lumière les idées issues de l’imagination du réalisateur.

Intention du film

Bonjour Studio ! a pour vocation de documenter la création cinématographique. Ce film n’a pas été pensé comme un making-of dans le sens commercial du terme. Ce n’est pas un « bonus » de DVD conçu comme tel mais un film à part entière dont le documentariste est à la fois le metteur en scène et l’acteur involontaire.

Par son regard, Florian Benac incite à s’intéresser à toutes les professions du cinéma et à faire connaître le monde des métiers de l’ombre, des techniciens, et à tout le travail invisible qui permet de donner naissance au visible.

Dans cette épopée, seul le réalisateur s’exprime face caméra, laissant la part belle à ceux qui créent les artifices du film. Les techniciens sons, image et lumière sont les acteurs du rêve du réalisateur Joseph Morder, et lui peut grâce à leur incarnation, donner vie à ses rêves.

Propos du réalisateur Florian Benac :

Faire ce film était la voie royale pour apprendre à faire du cinéma. A comprendre les rouages de la création cinématographique : voir les idées immatérielles au départ se concrétiser matériellement.

 

Ce projet était la synthèse parfaite de tout ce que je souhaitais c’est-à-dire : apprendre en observant toutes les étapes de fabrication du film, assister au travail d’un réalisateur au plus près et tiré de toute cette observation un long-métrage. C’est donc une place de premier choix, un vrai luxe qui m’a été offert par Joseph Morder et la productrice Céline Maugis.

 

Il y avait un émerveillement à découvrir chaque étape de fabrication, de guetter à quel moment la magie allait s’opérer. De comprendre comment les choses sont faites et construites. Découvrir aussi tous ces métiers de l’ombre qu’on ne soupçonne pas mais dont le travail est essentiel pour la réussite et la compréhension du film.

 

Il s’agissait aussi de montrer une facette moins spectaculaire en apparence, moins bling-bling du cinéma en mettant en avant les aspects laborieux et répétitifs du travail. Ou comment l’extraordinaire d’un tournage est lui aussi confronté à l’ordinaire des tâches quotidiennes.

 

Il s’agissait en fin de compte de comprendre que derrière chaque mot prononcé par un comédien, il y a un technicien du son qui l’a écouté et analysé des milliers de fois en boucle pour le mixage. Et c’est finalement cette idée là qui a en grande partie structuré Bonjour Studio !.

 

Un dispositif technique très léger

Le choix de tourner avec un appareil photo Reflex était lié à une contrainte économique d’une part mais également pratique et esthétique. Ce dispositif technique a permis de capter des moments en toute discrétion et sans déranger l’équipe de tournage tout en offrant une sensation de proximité grâce notamment à la possibilité d’utiliser des objectifs photos de type portrait. D’autre part, l’appareil était suffisamment apte à mettre en valeur les décors ainsi que le travail effectué sur la lumière. Autant d’aspects qui ont participé à atteindre un objectif important du film : proposer une immersion dans les lieux de fabrication d’un long-métrage.